Jardinage au naturel

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J'ai la chance d'avoir un jardin, pas très grand et en zone urbaine, où je peux exprimer ma créativité jardinière depuis une vingtaine d'années. Quand j'ai acheté la maison ce jardin était nu, avec pour seul décor une pelouse entourée d'une haie de thuyas.

J'ai eu envie très vite de combler ce vide en y plantant, au fil des ans, toutes sortes de plantes endémiques, par des achats mais aussi surtout par troc-plantes, échanges entre jardiniers, récupérations diverses... C'est ainsi que les premiers arbres et arbustes ont été plantés, bientôt suivis de plantes potagères.

J'ai commencé à cultiver ces dernières de manière classique sur une planche retournée au fond du jardin mais bien vite je me suis aperçue que les légumes végétaient car la terre est pauvre, acide et sèche, à cause de la haie de thuyas. En copropriété je n'ai pas eu le choix de la garder et j'ai dû imaginer des techniques pour contourner ce problème : planter devant pour la cacher et faire ainsi une double-haie plus utile. J'ai très vite privilégié les fruitiers avec la méthode la plus simple pour les installer au jardin : le "jeté de noyaux".  Et ça a marché : pêchers, pommiers, pruniers, sureaux et même un châtaigner... poussent gentiment sur les côtés du jardin, offrant l'été un précieux ombrage et des fruits.

 

Pour le potager j'ai fait installer des bacs de plantations (5 à ce jour dont un grand de 3m de long). Au début il a fallu les remplir en plusieurs couches : branchages au fond, feuilles mortes, déchets de cuisine et tout ce dont j'avais à disposition dans le jardin dont les adventices (nom que je préfère à celui de "mauvaises herbes"). D'année en année je compense la perte due au tassement en continuant d'y rajouter du paillage varié et des déchets organiques, en faisant attention à l'équilibre carbone/azote. Le dépôt des déchets de cuisine (compostage de surface avec végétaux uniquement) permet aussi de dissuader les gastéropodes de s'attaquer aux plantes cultivées en leur "offrant" autre chose à déguster. Ce qui fait que j'utilise la terre du composteur uniquement lors de la plantation.

Mes efforts sont récompensés par la récolte de légumes tout au long de l'année : salades, poireaux, betteraves, oignons, aulx, plantes aromatiques, haricots, tomates, poivrons, blettes, arroches, épinards, pommes de terre... Pour ces dernières et quelques autres plantes qui ont besoin de plus d'espace j'ai fait plusieurs petites lasagnes, en utilisant la même technique : des couches successives que je complète dès que j'ai de la matière organique sous la main (déchets de taille entre autres). Cela présente aussi l'avantage de ne pas devoir me déplacer à la déchetterie.

Je sème et je plante régulièrement pour avoir des récoltes échelonnées. Je laisse monter à graines plusieurs légumes afin d'être en partie en autonomie : blettes, salades, betteraves, poireaux...  et ça donne de la couleur parmi la verdure ! Les légumes sont plantés en mélange afin de dérouter les insectes ravageurs par leurs différentes odeurs. Je laisse aussi quelques sauvageonnes qui s'invitent dans le jardin car elles sont les plantes-hôtes de certains insectes auxiliaires (pollinisateurs et/ou dévoreurs de pucerons).

La question de l'eau, surtout depuis quelques années, a pris de l'importance : j'ai choisi d'enterrer des oyats (d'assez grande contenance) dans chaque bac et j'ai ajouté cette année des goutteurs en céramique au pied des légumes d'été (tomates, poivrons). Je paille pour limiter l'évaporation, avec ce que m'offre le jardin et quelques compléments au fil des glanages (feuilles, foin, paille... ).

La petite surface de mon jardin est ainsi bien optimisée, je privilégie le comestible à l'ornement, par gourmandise, économie, plaisir de consommer du frais à portée de main... mais aussi pour ma préférence envers la simplicité et le naturel. Jardin de paresseuse ? Non pas vraiment car je choisis d'y passer du temps, ce n'est pas une "corvée" mais un vrai bonheur !

 

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